Lisibilité cognitive

→ Concevoir des formations que l’apprenant peut comprendre

Vous ouvrez une formation.

Vous comprenez ce que vous êtes censé apprendre.
Vous savez où regarder.
Vous distinguez l’essentiel du secondaire.
Vous comprenez les consignes.
Vous savez quoi faire ensuite.

Vous n’avez pas besoin de chercher l’information.
Vous n’avez pas besoin de relire trois fois.
Vous ne vous demandez pas où cliquer.

La formation est lisible.

Pas seulement lisible à l’œil.

Lisible pour le cerveau.

La lisibilité cognitive, c’est quoi ?

La lisibilité cognitive désigne la facilité avec laquelle un apprenant peut percevoir, comprendre, organiser et utiliser les informations qui lui sont présentées dans une formation.

Elle concerne tout ce qui aide l’apprenant à construire du sens :

  • la hiérarchie des informations ;

  • l’organisation des contenus ;

  • les repères visuels ;

  • la formulation des consignes ;

  • la progression ;

  • la navigation ;

  • les interactions ;

  • les liens entre les différentes informations ;

  • les indications qui permettent de savoir quoi faire et pourquoi.

Autrement dit :

Une formation cognitivement lisible ne demande pas à l’apprenant de résoudre le fonctionnement du dispositif avant de pouvoir apprendre.

La lisibilité ne dépend donc pas uniquement du contenu.

Elle dépend aussi de la manière dont ce contenu est organisé, présenté et mis en relation.

Vous pouvez avoir un bon contenu… et une formation difficile à suivre

C’est souvent là que le problème commence.

Les objectifs sont pertinents.
Les contenus sont justes.
Les experts ont beaucoup travaillé.
Les activités sont intéressantes.

Et pourtant, les apprenants trouvent la formation :

dense, confuse, longue, difficile à suivre ou fatigante.

Pourquoi ?

Parce qu’une formation ne transmet pas seulement des informations.

Elle doit aussi permettre à l’apprenant de comprendre :

Où suis-je ?
Qu’est-ce qui est important ?
Que dois-je regarder ?
Qu’est-ce que je dois comprendre ?
Qu’est-ce que je dois faire ?
Comment cette information se relie-t-elle à la précédente ?
Où dois-je aller ensuite ?

Lorsque ces réponses ne sont pas suffisamment visibles, l’apprenant doit les reconstruire lui-même.

Et cette activité vient s’ajouter à l’apprentissage.

La lisibilité cognitive ne consiste pas à « faire plus simple »

C’est une confusion fréquente.

Une formation lisible n’est pas nécessairement une formation courte.

Elle n’est pas nécessairement minimaliste.

Elle ne consiste pas à supprimer toutes les informations complexes.

Et elle ne consiste surtout pas à transformer un contenu expert en contenu simpliste.

L’enjeu est ailleurs : rendre la complexité compréhensible.

Un contenu peut rester riche, précis et exigeant tout en étant beaucoup plus facile à parcourir et à comprendre.

La question n’est donc pas :

« Comment enlever des informations ? »

Mais plutôt :

« Comment permettre à l’apprenant de traiter les bonnes informations au bon moment, dans le bon ordre ? »

La lisibilité cognitive, ce n’est pas seulement du design

Une belle formation peut être difficile à apprendre.

Une interface moderne peut être mal structurée.

Une slide épurée peut ne pas aider à comprendre.

Le design visuel joue un rôle important, mais il n’est qu’une partie du problème.

La lisibilité cognitive se construit à l’intersection de plusieurs dimensions :

le contenu

→ ce que l’on demande à l’apprenant de comprendre

la pédagogie

→ la manière dont on accompagne cet apprentissage

l’information

→ la façon dont les éléments sont organisés et hiérarchisés

le design

→ la manière dont cette organisation devient perceptible

l’expérience

→ la façon dont l’apprenant se repère et agit dans le parcours

C’est cette cohérence d’ensemble qui permet à la formation de « se laisser comprendre ».

Et la surcharge cognitive dans tout ça ?

La lisibilité cognitive et la surcharge cognitive sont liées, mais elles ne désignent pas la même chose.

La surcharge cognitive décrit notamment ce qui se passe lorsque l’apprenant doit traiter trop d’informations ou trop de complexité au même moment.

La lisibilité cognitive s’intéresse davantage à la manière dont le dispositif permet à l’apprenant de comprendre, organiser et utiliser ce qui lui est présenté.

Une mauvaise lisibilité peut contribuer à une surcharge inutile.

À l’inverse, améliorer la lisibilité permet de rendre le parcours plus facile à comprendre et de laisser davantage de ressources cognitives disponibles pour l’apprentissage.

La surcharge cognitive est donc un des problèmes que la lisibilité cognitive cherche notamment à prévenir.

Concrètement, qu’est-ce qu’on observe ?

Pour évaluer la lisibilité cognitive d’une formation, il ne suffit pas de vérifier si « tout est clair ».

On observe le parcours du point de vue de l’apprenant.

Peut-il se repérer ?

Comprend-il où il se trouve, où il va et ce qu’il vient d’accomplir ?

Peut-il identifier l’essentiel ?

La hiérarchie de l’information lui permet-elle de distinguer ce qu’il doit retenir de ce qui vient simplement compléter sa compréhension ?

Peut-il comprendre sans effort inutile ?

Les textes, consignes, exemples et explications sont-ils suffisamment explicites et structurés ?

Peut-il faire les bons liens ?

Les informations qui doivent être rapprochées ou comparées sont-elles présentées de manière à faciliter leur mise en relation ?

Peut-il agir ?

Comprend-il ce qu’on attend de lui, comment réaliser l’activité et ce qu’il doit faire ensuite ?

Peut-il apprendre plutôt que décoder le dispositif ?

C’est finalement la question centrale.

Une expertise invisible… jusqu’à ce qu’elle manque

Quand une formation est cognitivement lisible, on ne remarque pas forcément tout le travail qui se cache derrière.

L’apprenant avance.

Il comprend.

Il sait où regarder.

Il sait quoi faire.

Tout semble naturel.

C’est précisément le signe que le dispositif fonctionne.

À l’inverse, lorsque la lisibilité fait défaut, les difficultés deviennent très visibles :

« Je ne sais pas où trouver l'information. »

« Je ne comprends pas ce qu'on attend de moi. »

« Il y a trop de choses à lire. »

« Je ne sais pas ce qui est important. »

« Je me perds dans le module. »

« Je dois relire plusieurs fois. »

Ces difficultés ne sont pas toujours liées au niveau ou à la motivation de l’apprenant.

Elles peuvent aussi être produites par la conception de la formation.

Concevoir la lisibilité cognitive, c’est donc concevoir le chemin de compréhension

C’est là que se situe mon travail.

Je ne regarde pas uniquement une formation pour vérifier si elle est correcte.

Je cherche à comprendre comment elle sera réellement parcourue, comprise et utilisée par l’apprenant.

J’analyse notamment :

  • ce qui attire son attention ;

  • ce qu’il comprend immédiatement ;

  • ce qu’il doit déduire ;

  • ce qui risque de le faire hésiter ;

  • ce qui surcharge inutilement son traitement de l’information ;

  • les repères dont il dispose ;

  • les liens qu’il doit construire ;

  • les actions qu’il doit réaliser ;

  • et les obstacles que le dispositif pourrait créer.

Puis je travaille sur la structure, les contenus, les écrans, les interactions et les repères pour réduire les obstacles à la compréhension.

C’est une approche qui mobilise à la fois la conception pédagogique, l’architecture de l’information, le design et les connaissances issues des sciences cognitives.

Parce qu’une formation ne devrait pas demander à l’apprenant de lutter contre elle

Votre contenu peut être excellent.

Votre expertise peut être précieuse.

Votre formation peut avoir été conçue avec beaucoup de soin.

Mais si l’apprenant doit consacrer une partie de son énergie à comprendre comment fonctionne la formation, il lui reste moins de disponibilité pour comprendre ce qu’elle cherche à lui apprendre.

La lisibilité cognitive consiste à concevoir le dispositif pour que cette difficulté ne soit pas nécessaire.

Pour que l'apprenant puisse :

percevoir → comprendre → se repérer → agir → apprendre.

Vous voulez savoir si vos formations sont cognitivement lisibles ?

J’analyse vos modules e-learning, supports pédagogiques et parcours de formation pour identifier ce qui facilite (ou au contraire freine) la compréhension et l’apprentissage.

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